La dépression post-partum

La dépression post-partum

C’est un état de dépression plus ou moins intense. Il existe 3 formes plus ou moins sévères de dépressions post-partum; le syndrome du troisième jour appelé aussi le baby blues, la dépression post-partum et la psychose post-partum.

Le syndrome du troisième jour est la forme la plus légère de la dépression post-partum. Il survient généralement entre le premier et le troisième jour après l’accouchement. Il se manifeste par des périodes de pleurs inopinés, de l’irritabilité, un manque de sommeil, des sautes d’humeur et un sentiment de vulnérabilité.  Ces symptômes peuvent durer plusieurs semaines et on estime qu’ils touchent plus d’une mère sur deux.

La dépression post-partum est plus conséquente.
Les femmes qui en sont atteintes éprouvent les symptômes suivants : grand dérèglement émotionnel, découragement, tendance à pleurer constamment… Elles développent des croyances négatives sur elles-mêmes : sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas être capable de s’occuper de leur bébé, d’être moins capable que leur propre mère, etc…
Elles se sentent aussi coupables, anxieuses, sont irritables et fatiguées. Physiquement, elles peuvent aussi souffrir de maux de tête, d’engourdissement, de douleurs thoraciques et d’hyperventilation. Une femme souffrant d’une dépression post-partum peut éprouver des sentiments d’ambivalence, de négativité ou de désintérêt envers son enfant. De tels sentiments peuvent avoir des répercussions négatives sur le développement du lien affectif qui unit la mère et l’enfant. Comme ce trouble est encore mal défini et peu étudié, il n’est pas toujours déclaré. On estime qu’il se manifeste dans 3 % à 20 % des accouchements.
La dépression peut se présenter à n’importe quel moment au cours des six mois qui suivent l’accouchement et peut durer pendant plusieurs mois voire même un an (moins de 4% des cas).

Quelles sont les causes de la dépression post-partum ?
La grossesse et l’accouchement engendrent d’importants changements corporels et hormonaux. La physiologie du corps est souvent mise à mal et ces déséquilibres métaboliques (notamment de la glande thyroïde) se répercutent sur le mental. Il faut donc être attentif médicalement à cela et laisser au corps un temps de réadaptation. Si la maman a vécu des difficultés psychiques durant la grossesse (soucis financiers, deuil, séparation,…), elle sera plus à risque de développer un état dépressif post-partum. Du point de vue psychanalytique, la dépression post-partum s’explique dans le décalage qui peut exister entre l’enfant que la mère a imaginé et idéalisé pendant la grossesse et l’enfant qui naît dans la réalité. Certaines mères peuvent éprouver alors un sentiment de déception et s’en sentir très coupable.
De plus, si la femme a connu des difficultés importantes avec sa propre mère durant sa vie, le risque augmente. D’autres mères ne supportent pas le sentiment du « ventre vide ». Après une cohabitation intra-utérine de 9 mois, elles témoignent de leur manque et se sentent comme vidées de tout. Pour d’autres encore, devenir mère représente un tel changement symbolique, qu’elles craquent un certain temps (ex : devenir mère comme ma mère, sortir de l’enfance pour devenir mère) ou encore la peur de ne pas pouvoir être une assez bonne mère inconsciemment en raisons de certains vécus d’enfance). Il est fondamental qu’une femme enceinte puisse être écoutée par rapport à ses peurs conscientes et inconscientes à donner la vie.

Comment soigner la dépression post-partum ?
Selon l’intensité de la dépression, un soutien médicamenteux sous forme d’antidépresseurs est parfois nécessaire. Cependant, une prise en charge par un psychothérapeute est souvent suffisante pour dépasser cette période douloureuse et permettre de restaurer un lien affectif mère-enfant suffisamment fort. Cette psychothérapie peut varier dans la durée, et parfois débouche sur un travail plus profond de type psychanalytique, au cours duquel la mère prend le temps pour « enfin » s’occuper d’elle.