Le premier déclic vient d’une rencontre…

Le premier déclic vient d’une rencontre…

Entretien avec le docteur David Fischler à Nice

Quelle est votre formation et votre parcours professionnel ?
– « Je suis médecin, et c’est à Nice que j’ai obtenu mon doctorat et passé ma thèse. Ma formation est plurielle. Pour la prise en charge des enfants et des adolescents, j’ai passé un Diplôme Universitaire à Paris VII sur la Psychopathologie de l’enfant malade, et je me suis essentiellement formé dans le service du Professeur Cohen, à la Pitié Salpêtrière. Concernant les adultes, en plus d’une lecture et étude approfondie des classiques (Freud, Winnicott, Mélanie Klein, ..) et des psychanalystes plus récents (Bion,  Lacan, Antonino Ferro, ..),  de la participation à des séminaires et groupe de travail (nommé Cartel chez Lacan), j’ai participé à l’ouverture d’un Centre d’Accueil Psychanalytique Gratuit à Orly. »

Quelle a été la motivation qui vous a lancé dans la pratique de la psychanalyse ?
– « Le premier déclic vient d’une rencontre, d’une belle rencontre, avec la fille d’une amie de la famille, quand j’avais 12 ans. Cette petite fille à l’époque, avait été catalogué « autiste » ; or, comme j’arrivais parfois à rentrer en contact avec elle, certes de façon fugace mais en percevant son désarroi profond, ses peurs immenses, et son incompréhension à ne pas être entendu par les adultes.
Devant cette situation d’impuissance, avec ma pensée d’enfant, je m’étais promis d’essayer de faire que des personnes « différentes » puissent se comprendre. Et c’est pour cela que l’autisme est un sujet qui m’intéresse beaucoup – il faut savoir que la Pitié est des plus grands centres d’autisme de France ;
L’autre motivation est le produit d’une rencontre avec un psychiatre dit Lacanien, qui m’a initié à Freud alors que je passais mon baccalauréat.  Ce médecin, par sa façon d’utiliser le langage et d’approcher l’autre, a renforcé mon intérêt pour le psychisme et en particulière, l’expérience psychanalytique. »

Exercez-vous en institution de soins et dans quel établissement ?
– « Actuellement, je continue ma formation dans des instituts qui dépendent de la fondation Lenval pour ce qui concerne les enfants et les adolescents, et pour les adultes, les psychothérapies et analyses sont réalisées dans mon cabinet niçois. »

Qui peut bénéficier de la psychanalyse ?
– « A priori, chaque individu qui se pose une ou des questions sur lui-même, et dont l’énergie qu’il met à « penser ces questions » est si importante, dévorante, que cela devient un handicap, une obsession, voir une maladie. Nous rencontrons également des personnes, qui sans grande souffrance, ont un désir de se connaitre mieux dans le but d’affronter la vie qui peut se révéler une jungle bien cruelle. »

Quelles extensions connaît la pratique psychanalytique ?
– « La psychanalyse, comme toute science, évolue avec l’expérience, la pratique et les découvertes. Aujourd’hui, il est intéressant de lier la psychanalyse avec les autres domaines comme la neuroscience et la génétique. Aussi, la psychanalyse trouve souvent des extensions, voir même des racines, dans les mathématiques, la philosophie, la littérature et bien sûr, la poésie ; car seuls les poètes savent transmettre l’émotion. »

Qu’en est-il pour les enfants et les adolescents ?
– « Pour les enfants, c’est une prise en charge particulière, qui se fait en lien avec beaucoup d’intervenants, l’école, les instituts, l’hôpital parfois et où les parents ont une place très importante et dont l’appui est indispensable.
Pour les jeunes enfants, le jeu (dessin, figurine, pâte à modeler, légo) est souvent le moyen le plus facilement utilisée par l’enfant pour exprimer ses peines et ses peurs. Pour les adolescents,  le psychanalyste ne peut que « coller » au rythme de ces jeunes adultes, s’il veut arriver d’un part, à ce que le patient vienne régulièrement, et ensuite, à donner du sens aux pulsions si vives à cet âge. »

Et pour les adultes ?
– « Une analyse ne s’entend que si elle est soutenue, ce qui implique une fréquence et une durée conséquente (entre 2 et 4 séances par semaine) et de sentir assez responsable pour payer ses séances, sans prise en charge de sécurité sociale. »

Votre conseil ?
– « L’analyse personnelle est un chemin que l’on choisit de prendre, seul, et qui n’existe pas encore. »

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter :

Docteur David Fischler
16 rue Frédéric Passy, à Nice
Tél : 06 14 45 80 58